La corse

Corse (île), île du sud de la France, quatrième plus grande île de la Méditerranée.

Géographie

La Corse est située à 170 km de la côte niçoise. Elle s'étend sur 8 569 km2. Le sous-sol est composé, en grande partie, d'un socle cristallin. Au centre s'élève un massif cristallin, qui s'étend sur presque toute la longueur de l'île, du nord au sud, la partageant en deux parties. Au nord de ce massif, dans la zone du Niolo, s'élève le point culminant de la Corse, le monte Cinto (2 710 m). La partie méridionale du massif cristallin est moins escarpée. Les massifs du centre sont creusés par les vallées profondes du Liamone, du Gravone, du Taravo et du Rizzanese, quand ils ne sont pas prolongés par de vastes plateaux. Dans le nord-ouest de l'île s'étend la plaine de la Balagne, tandis qu'au nord-est la Castagniccia élève ses sommets schisteux du Tavignano jusqu'au Cap-Corse. Une plaine d'alluvions s'étend à l'est et au sud de cette zone schisteuse. La plaine d'Aleria occupe ainsi la côte orientale jusqu'au bassin tertiaire de Solenzara. Le golfe de Porto-Vecchio s'inscrit entre ce bassin et celui de Bonifacio, à l'extrême sud de l'île. De nombreux golfes (golfes de Porto, de Sagone, d'Ajaccio et de Valinco) découpent toute la façade occidentale de l'île. La région appartient au milieu méditerranéen ; son climat est adouci par l'insularité.

Le relief

Un massif cristallin s'étend sur quasiment toute la longueur de l'île, du nord au sud, et la partage en deux parties : au nord, dans la zone du Niolo, se trouve le point culminant de la Corse, le monte Cinto (2 710 m d'altitude), tandis qu'au-delà de la vallée du Golo, d'autres sommets dépassent 2 000 m — le monte Rotondo (2 622 m), le monte d'Oro (2 389 m) et le monte Renoso (2 352 m) ; la partie méridionale du massif, moins escarpée, culmine néanmoins au monte Incudine (2 128 m). Les massifs du centre sont creusés par les vallées profondes du Liamone, du Gravone, du Taravo et du Rizzanese, ou prolongés par de vastes plateaux. Dans le nord-ouest de la Région s'étend la plaine de la Balagne (au nord-ouest du Niolo), tandis qu'au nord-est, la Castagniccia élève ses sommets schisteux (1 767 m à San Petrone), du Tavignano jusqu'au Cap-Corse. Une plaine d'alluvions domine à l'est et au sud de cette zone schisteuse ; la plaine d'Aleria s'étend ainsi le long de la côte orientale jusqu'au bassin tertiaire de Solenzara. Le golfe de Porto-Vecchio s'inscrit entre ce bassin et celui de Bonifacio à l'extrême sud de l'île, et de nombreux golfes — Porto, Sagone, Ajaccio et Valinco — découpent toute la façade occidentale de l'île. La Corse dispose d'une couverture forestière importante composée de feuillus — châtaigniers, chênes verts, chênes-lièges, hêtres, bouleaux — et de résineux — pins laricios, pins maritimes. Le maquis est présent sur le littoral et à l'intérieur des terres. Très dense, parfois impénétrable, sa végétation recèle diverses espèces très parfumées — arbousiers, asphodèles, chardons, cistes, cyclamens, genévriers, myrtes, etc.

Le climat

La Région bénéficie d'un climat de type méditerranéen, modifié et adouci par l'insularité et l'altitude de certains massifs. Les précipitations s'élèvent à 900 mm par an environ et se répartissent de façon irrégulière sur l'année. L'espace méridional de la Corse est caractérisé par des conditions climatiques plus chaudes et plus sèches que le Nord, en raison notamment de son relief ouvert aux vents du sud.

Histoire

L'homme prend pied en Corse dès la période du Prénéolithique. Aux chasseurs-nomades (« la Dame de Bonifacio » date de 6600 av. J.-C.) succèdent les peuplades agro-pastorales du Néolithique ancien (Aleria, Filitosa, Levie). C'est à la fin du Néolithique que les mégalithes se multiplient. L'histoire de la Corse commence véritablement avec la colonisation d'Alalia (Aleria) par les Phocéens aux VIe et Ve siècles av. J.-C. D'après l'historien grec Hérodote, c'est par cette colonie que ceux-ci ont fait pénétrer dans l'île les cultes religieux et les techniques du monde méditerranéen. Si la présence des Phocéens, puis celle des Étrusques et des Carthaginois se limite au littoral, celle des Romains, qui prennent Aleria en 259 av. J.-C., marque le début d'une longue occupation. La romanisation, puis la christianisation, apportent un brassage entre autochtones, colons grecs, latins et étrangers. Durant plusieurs siècles, l'île subit différentes dominations étrangères. Au Ve siècle apr. J.-C., les invasions barbares (les Vandales, puis les Ostrogoths) désorganisent les cinq évêchés corses. Les pirates barbaresques et les Sarrasins (du VIIe au XIe siècle) s'installent sur les côtes, afin de s'assurer d'autres voies maritimes. Face à ces envahisseurs, les Corses se replient à l'intérieur des terres. Au VIIIe siècle, Pépin le Bref confirme l'attribution de l'île au Saint-Siège. Mais devant les incursions sarrasines régulières, la papauté concède l'administration de la Corse à l'évêque de Pise en 1077. Suit une période de paix et de prospérité, brisée par la rivalité entre Gênes et Pise, qui conduit le pape à attribuer aux Génois trois des six évêchés dès 1133. Les Corses demeurent morcelés géographiquement et opposés socialement. Ceux de l'En deçà, situé au nord-est, soutiennent la domination génoise, avec leur conseil des Six-Corses. Ceux de l'Au-delà, situé au sud-ouest, luttent contre l'administration de Gênes. Cette rivalité constante réduit l'efficacité de la résistance corse contre les conquérants, ce qui permet à Gênes de dominer l'île de 1284 à 1729. L'exclusion des Corses dans la haute administration, les inégalités judiciaires et la situation économique déclenchent une succession de jacqueries. Les Corses, alliés à la France, s'opposent à Gênes, soutenue par l'Empire autrichien. Dans ce contexte de désordre, Pasquale Paoli organise un « gouvernement de la nation corse » en 1755, et contraint Gênes à vendre la Corse à la France en 1768. Devant l'importance du parti français et la supériorité militaire française, Paoli s'exile pour l'Angleterre en 1769. Pendant la Révolution française, la Corse, en vertu du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, devient un département français. En 1790, Paoli est rappelé de son exil pour assumer les charges de président du Conseil général et de commandant de la garde nationale. Affaibli par la maladie, il rompt ses relations avec la Convention et, sous l'influence de Pozzo di Borgo, fait appel à l'Angleterre, qui administre la Corse entre 1794 et 1796. Bonaparte, originaire de l'île, devenu Premier consul, engage rapidement l'assimilation de la Corse à la France. Cependant, l'île évolue peu. Au cours du XIXe siècle, l'aménagement du territoire et le développement économique de la Corse restent limités, tandis que le banditisme et le clientélisme perdurent. Malgré l'indifférence de la IIIe République, la majorité des Corses conserve pour la France un attachement et un intérêt profonds. Pendant la Seconde Guerre mondiale, la Corse est le premier département français à être libéré (4 octobre 1943). Ses soldats participent alors au débarquement de Provence. Après l'indépendance de l'Algérie en 1962, de nombreux rapatriés d'origine corse reviennent sur l'île, notamment dans la plaine orientale.

L'art et la culture Corse

Deux siècles après Pasquale Paoli, la francisation n'a pas totalement réduit la culture corse. Le patrimoine légué tout au long de l'histoire corse est remarquable et riche : coffres, dolmens, menhirs du Néolithique, tours de la civilisation torréenne (plateau de Levie, région de Porto-Vecchio), architecture gréco-romaine (Aleria, Mariana), basiliques paléochrétiennes (Calvi, Sagone, Saint-Florent). Dès le haut Moyen Âge, l'art préroman prend son essor. À la fin du XIe siècle, la République pisane construit des cathédrales côtières dans la Castagniccia, le Nebbio et la Balagne. Cet art roman pisan s'épanouit jusqu'au XVe siècle. À l'inverse, la présence de l'art gothique demeure limitée. Avec la Contre-Réforme naît l'art baroque. Il se développe aux XVIe et XVIIe siècles, notamment dans la région de Bastia et en Castagniccia. L'insularité, la présence génoise et les menaces permanentes des pirates barbaresques ont marqué durablement les paysages corses. Gênes a légué de nombreuses citadelles (Bonifacio, Algajola, Porto-Vecchio) et l'office de Saint-Georges a doté l'île d'un système de surveillance en édifiant des tours le long des côtes. La langue corse est également très riche. Elle s'est construite au fur et à mesure des apports extérieurs (racines celto-ligures, influences latine, puis toscane et secondairement génoise). Elle reflète les « vendetta » du passé et reste principalement orale jusqu'au milieu du XIXe siècle, puis devient écrite et est enseignée à l'université de Corte. Aujourd'hui, la polyphonie corse (paghjella, chjama e rispondi) maintient une tradition et une culture, expression et reflet des luttes du passé d'une île et de ses habitants. Mise en parallèle avec les réalités économiques, la culture corse a autant de sens et d'importance. L'équilibre est néanmoins difficile à conserver entre ces deux domaines parfois antagonistes.



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